L’UEFA rejoint l’ACE : un tournant symbolique dans la lutte contre le piratage sportif
L’Union des associations européennes de football (UEFA) a annoncé son adhésion à l’Alliance for Creativity and Entertainment (ACE), coalition internationale dirigée par la Motion Picture Association. Cette décision vise à renforcer la traque des flux IPTV et des sites de streaming illégal diffusant des compétitions comme la Ligue des champions.
Un partenariat inédit
En devenant le premier détenteur exclusif de droits sportifs à rejoindre l’ACE, l’UEFA s’allie à des acteurs tels que Netflix, Amazon et Disney. Elle pourra ainsi mobiliser des outils technologiques et des recours juridiques consolidés pour démanteler les réseaux pirates et les plateformes de diffusion illégale, qualifiées par certains observateurs d' » hydre du streaming illégal « .
Guy-Laurent Epstein, directeur marketing de l’UEFA, a présenté cette adhésion comme un » tournant stratégique » dans la lutte contre le streaming illégal. Malgré les blocages DNS et les demandes de retrait menées depuis plusieurs années, le phénomène perdure et progresse notamment chez les plus jeunes.
Des enjeux économiques majeurs
La décision de l’UEFA s’inscrit avant tout dans un contexte économique : la Ligue des champions génère aujourd’hui près de 4,4 milliards d’euros par saison et pourrait voir ce montant approcher les 5 milliards. À titre de comparaison, la première édition en 1992 rapportait environ 46 millions d’euros.
Ces recettes proviennent majoritairement de la vente des droits de diffusion à des groupes qui acquièrent l’exclusivité par pays ou par marché (Canal+, Amazon Prime Video, beIN Sports, RMC Sport, DAZN, etc.). Cette fragmentation oblige souvent les supporters à souscrire plusieurs abonnements pour suivre leurs équipes, ce qui alourdit la facture pour l’utilisateur final.
Le paradoxe : la lutte contre un effet du modèle lui-même
Le paradoxe est net : en cherchant à maximiser la valeur commerciale de ses compétitions, l’UEFA a participé à fragmenter l’accès au football. Pour une part importante du public, le recours au streaming illégal n’est pas militant mais économique. Selon la Commission européenne, 27 % des 15-24 ans regardent aujourd’hui du sport via des canaux illégaux.
Plusieurs observateurs pressentent qu’un modèle d’accès plus simple et abordable-à l’image de ce qu’a réalisé l’industrie musicale avec des services comme Spotify-pourrait contribuer à réduire durablement le piratage. L’idée d’un » Netflix du football « , rassemblant les compétitions sur une même offre, revient régulièrement dans les débats sur l’avenir de la distribution sportive.
Conclusion
L’adhésion de l’UEFA à l’ACE est une étape symboliquement forte et offre des outils supplémentaires pour lutter contre le piratage. Elle ne résout toutefois pas à elle seule la question plus structurelle de l’accès au sport en streaming. Tant que le visionnage d’un match restera morcelé et coûteux, le recours aux flux pirates continuera d’être une solution économiquement attractive pour une partie du public.
Sources : Euipo, TorrentFreak, UEFA, AP News, Commission européenne.
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